Jean Gosset (1912-1944)

Londres

The Military Cross
Ce n’est que le 21 octobre 1943 que Jean Gosset parviendra à rejoindre Londres, probablement par avion Lysander
Il a laissé à mon grand-père le texte d’un message qu’il fera passer à la BBC à son arrivée : « Que dirais-tu d’une bouteille de supérieur ? »

À Londres, Gosset (Gérard, Renaud, Galand, Gordon), est interrogé par le MI 6 (Service de Renseignements britannique ou Intelligence Service) le 1er novembre 1943.
Dans le compte rendu de cet interrogatoire, qui a lieu en anglais, Jean Gosset y est nommé « informant » (notre informateur) ; il trace un historique du réseau depuis ses débuts et de son propre rôle dans celui-ci. Il donne des précisions sur les sous-réseaux des différentes régions, les principaux agents et leurs fonctions. Il apporte des informations sur la police française et ses liens éventuels avec les Allemands, sur l’infiltration des réseaux par ces derniers, les lieux de réunion de la Gestapo à Paris, etc. Il donne une évaluation détaillée du budget nécessaire pour le réseau, aussi bien pour les services centraux que pour les différentes régions : Belgique, Paris, Nord, Normandie, Bretagne, Basse Loire, Orléanais, Côte méditerranéenne. Il précise les besoins en matériel : postes émetteurs, armement, matériel de balisage pour les opérations et « surtout des pneus (bicyclettes) » et ajoute :

Nous paraissons lamentablement indigents à nos agents régionaux en ne pouvant satisfaire à leurs demandes pourtant extrêmement modestes. Nous avons dû faire l’opération Mercédès avec un armement à peu près nul .

Jean Gosset à Glasgow -1943
Pendant ce séjour en Grande-Bretagne, Jean Gosset se rend en Écosse pour un stage de sabotage. Il rend visite à cette occasion au couple Livingstone, qui habite Glasgow. Marie Livingstone est la sœur jumelle de Pierre-Aimé Touchard.

Mais il reçoit des nouvelles alarmantes du réseau par un télégramme de Loir pour Renaud, fin octobre ; puis un autre de Servien pour Fabrice, le 6 décembre : deux opérateurs radio ont été arrêtés. Fin décembre, il repart pour la France chargé d’importantes missions d’action qu’il accomplira sous le nom de Semoir.

Extrait de « Sur les traces de Jean Gosset »