Jean Gosset (1912-1944)

Come back

C’est dans la nuit du 30 au 31 décembre 1943 que Jean Gosset rentre en France

Pendant la « lune » de décembre, le BOA (Bureau des Opérations Aériennes) a organisé plusieurs opérations d’atterrissage ou de parachutage sur la région M (région ouest), qui ont échoué à cause du mauvais temps ou d’ennuis mécaniques. Enfin, le 30 décembre, pendant la période « inter-lune » une opération Eureka, c’est-à-dire téléguidée, réussit sur le terrain Ouragan, qui se situe dans la Sarthe, près du village d’Assé-le-Boisne, à la limite de l’Orne. Gosset est parachuté, avec deux autres agents. Malheureusement, il se fracture une jambe à l’atterrissage. 

On sait seulement qu’il se retrouve à Paris le soir même du 31

Il arrive donc chez Marie-Cécile Deleuse, agent de liaison du réseau et qui fabrique aussi des faux papiers. Un médecin est appelé aussitôt : il est sceptique quand Gosset lui explique qu’il s’est blessé lors d’une chute dans le métro… Discret, il n’insiste pas.
Il est soigné à l’hôpital Laennec, où une petite salle est mise à la disposition du réseau par le docteur Maspétiol pour planquer des résistants. Mais beaucoup de tâches l’attendent, il ne se repose que trois semaines, après quoi il reprendra son activité, « malgré ses souffrances et une claudication bien propre à le faire repérer ».

À Londres, Gosset a rencontré Raymond Aron

Celui- ci avait logé Cavaillès chez lui lors de sa venue au début de la même année, 1943. Il l’avait connu « cacique général », auréolé d’un certain prestige, à l’École normale. Il connaît beaucoup moins Gosset qui est « beaucoup plus jeune » et, dans son témoignage, il le juge avec une certaine condescendance. Il le décrit comme « extrêmement fatigué, à bout de nerfs » et explique qu’à Londres, on « craignait beaucoup pour lui quand il est rentré en France ». Gosset est revenu de Londres, comme Cavaillès, assez déçu par la « France Libre », dit-on, et l’atmosphère de luttes politiques qui y régnait.

À Paris, dès janvier, Jean Gosset (Semoir) a commencé à prendre des contacts pour l’exécution des missions dont il a été chargé par le BCRA, dans le cadre du plan Tortue. Il s’agit de saboter les usines de la région parisienne qui fabriquent pour les Allemands du matériel de guerre. Gosset envoie ce télégramme à Londres :

DE SEMOIR VIA DAUNOU VIOLET MISSION N°6 DU 23-2-44
LE 20 AVONS DETRUIT TRANSFORMATEURS USINE
HOTCHKISS BORSIG DE CLICHY ET BRULE DOCUMENTS STOP
[…] ARRIVEE MATERIEL PAR GAUSS [Michel Pichard] AVEC
ENGINS INCENDIAIRES STOP SOEUR DANIEL RELACHEE FAMILLE
CLAIRE VA TRES BIEN STOP NINO DE BONNEFOY DEMANDE
A VINCENT AURIOL S’IL DOIT REJOINDRE LONDRES
OU ALGER OU RESTER EN FRANCE

Le 7 avril, c’est l’usine de roulements à billes Timken, à Asnières, qui est sabotée. Un autre sabotage est organisé par Semoir : celui de l’usine Air liquide, avenue Gallieni à Bagnolet. Il a lieu le 29 avril et il est exécuté par la même équipe, maintenant bien entraînée, mais sans son chef, Gosset, qui est parti quelques jours plus tôt pour la Bretagne.

Le soufflet de forge Pierre Henneguier

Pierre Henneguier et son équipe participent au sabotage de ces usines avec Semoir et ses hommes. Dans son livre Le soufflet de forge, Jean Gosset est désigné par le pseudonyme de Semoir.

 

 

 

Extrait de « Sur les traces de Jean Gosset »