Jean Gosset (1912-1944)

Le mouvement Esprit

Jean Gosset lors d'une réunion d'un groupe Esprit
C’est dès sa première année à l’ENS en 1932-1933 que Jean Gosset fait la connaissance, j’ignore de quelle façon, d’Esprit et d’Emmanuel Mounier

 Il a alors vingt ans. Rencontre capitale qui a marqué sa jeunesse, compagnonnage qui a joué un rôle essentiel pendant plusieurs années de sa vie. Il devient l’ami de Mounier, et bientôt un collaborateur régulier de la revue, et surtout un des « piliers » du mouvement.

Il était le plus jeune à Esprit, et peut-être redoutait-il de ne pas être pris très au sérieux. Plus tard, quand ils en seront venus au tutoiement, c’est ainsi que Mounier lui dira comment il l’a vu à cette époque des débuts :

Emmanuel Mounier

Emmanuel Mounier

 

Quand je t’ai connu, les premiers mois, tu présentais les signes extérieurs d’un jeune homme très bien élevé, genre porcelaine de Saxe, et je pensais que tu devais nous trouver bien barbares et agités. En quoi je me trompais peut-être, ou sans doute, ou à coup sûr » (29 mai 1938).

En 1933, il fait déjà partie, de façon active, de l’équipe d’Esprit, puisque Mounier lui écrit :

Et j’ai oublié l’essentiel ! Voulez-vous mettre sur pied d’ici huit jours, en vous aidant des notes suivantes (que vous voudrez bien me rendre) une prise de position introductive sur le problème de la personne. Quelque chose de bref, clair, ouvert au grand public, marquant bien les grandes lignes d’une position méthodologique et théorique. […] Le dit brouillon vous pourriez me l’amener mardi prochain et nous le retravaillerions ensemble.

En 1934 et 1935, Jean Gosset publie plusieurs articles où apparaît déjà une de ses grandes préoccupations : la pensée est inséparable de l’action

En juin 1935, Gosset est signataire de la déclaration collective « Notre patrie », ce qui montre qu’il est considéré dès cette époque comme un « collaborateur régulier de la revue ». Cette déclaration répond à « une campagne d’une extrême violence [qui] s’est déchaînée contre Esprit dans une certaine presse nationaliste ». Elle affirme notamment :

Nous aimons notre pays avant tout autre pays : c’est la loi naturelle. Mais nous ne pensons pas qu’il soit besoin pour cela de l’aimer contre d’autres, quels qu’ils soient. Nous répudions cette hostilité au métèque qui se développe aujourd’hui jusque chez nos hommes publics.

Extrait de « Sur les traces de Jean Gosset »

Articles de Jean Gosset parus dans la revue Esprit sur Gallica :